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Difference (entre la révision 3 et la révision actuelle)) (modification mineure)
(les révisions sont identiques, ou indisponibles)
"Regards" de William Gaas

Cet opus comprend 2 longs récits et quatre nouvelles. Dans un des récits, W.H.G. Nous entraîne dans ce curieux magasin ou s'amoncellent des photographies soigneusement rangées et acquises plus ou moins honnêtement. On y retrouve des clichés rares de photographes célèbres comme Koudelka ou Lang. Atmosphère trouble, chargée de mystères, oú l'on ressent jusqu'à l'odeur de poussière, de vieux papiers. Dans une nouvelle, c'est le monologue d'une chaise pliante, dans une autre c'est le piano du film "Casablanca" qui s'épanche, avec toujours cette puissance d'évocation qui rend les objets et les atmosphères si étranges.

"The plot against america" de Philip Roth

Selon Philip Roth himself, c'est "le plus autobiographique de mes romans", roman dont la sortie a provoqué quelques remous en 2004. Nous sommes en 1941 et Charles Lindbergh devient président des Etats Unis. Tout ce roman est raconté par P.R. et se déroule sous ses yeux d'enfant. Lindbergh pactise avec des nazis allemands avec lesquels il décide d'un pacte de non-intervention dans la guerre qui fait rage. Il est ouvertement anti-sémite, d'ou le profond trouble ressenti par la famille Roth. Des déportations déguisées ont lieu a l'intérieur des Etats Unis, puis des pogroms contre les juifs. Cette fiction sonne tellement juste que l'on reste troublé, fasciné, jusqu'à la fin du roman, par cette tension qui règne dans le quartier juif, par le courage du père de philip, par le comportement si typique de la mère.. On sort un peu décapé par ce texte qui relate ce-qui-aurait-pu-se-passer-si. Excellent roman. Au sujet de ce roman, vous pouvez aussi écouter en podcast l'émission "la compagnie des oeuvres", france-culture 27 octobre 2020 à 15h.

"Les émotions" de Jean-philippe Toussaint

Ce roman fait partie d'un "nouveau cycle romanesque" de Jean-philippe Toussaint. Exit Donc la course pour Marie (cf M.M.M.M.) et les cavalvades parfois délirantes. Non, cette fois, plus de tourments amoureux, peu de femmes, quoiqu'un épisode hilarant subsiste encore, mais une réflexion sur l'état de la commission européenne, qui n'est pas sans rappeler le "Belle du seigneur" de Cohen, et aussi une surprenante et touchante introspection sur la vie familiale (autobiographique ? ). Roman plutôt intimiste, au déroulement imprévisible, mais toujours avec ce style d'apparent détachement propre à JPT. Incipit: "A Bruxelles, la journée avait été caniculaire. Nous vivions avec Diane, les dernières heures de notre vie commune. Depuis quelques semaines, nous ne nous parlions plus". A lire aussi, le 1er roman de ce nouveau "cycle", "la clef USB"

"Personne ne sort les fusils" de Sandra Lucbert

Magistralement exposé par S.L., le procès de France Télécom en 2019. Ce qui est surtout démontré dans ce livre est l'importance de cette "langue oppressive du Capitalisme Néolibéral" qui rend impossible la condamnation des prévenus, car "le monde jugé est celui depuis lequel on juge". On pourrait rapprocher ce procès de celui de Nuremberg, quant à l'attitude des prévenus qui assistent, incrédules, à ce procès. S.L. expose brillamment ce contexte, avec quelques remarques sur l'attitude des accusés, le tout dans un style direct et moderne, et avec des citations à l'appui. Excellent remue-méninges. On pourra aussi écouter en podcast une interview de l'auteure au sujet de ce livre sur france-culture, émission "par les temps qui courent" du 19 septembre 2019

"Toute une vie bien ratée" de Pierre Autin-grenier

Ce qui pourrait s'appeler "mon journal de poête dilettante". Tranches de vie en de courts chapitres. Digressions autours d'évènements anodins, de rencontres dans les rues ou les rêves. Rafraichissant. Le tout avec des mots choisis pour évoquer une vie riche et paisible.

"Derrière les panneaux il y a des hommes" de Joseph Incardona

Du noir, du thriller. Cette histoire d'un tueur d'enfant nous captive d'un bout à l'autre des 300 pages. Et l'action mêle des gens si divers, pris par leurs émotions, leur déterminations. Le rythme s'accélère au fil du déroulement. Et surtout ce style si particulier de J.I. Élision de mots. Enumérations. Phrases coup de poing. Circulation difficile sur l'autoroute, milieu fermé où tout se déroule: "Le bordel est dû au trafic lui-même. L'entropie. Mesure du degré de désordre d'un système. Tant que ça roule, ça va." Du noir bien torché. Et une fin !!

"Chaleur" de Joseph Incardona

C'est en effet très chaud. Nous sommes en Finlande pour un concours de sauna. Celui qui reste le plus longtemps dans la moiteur, gagne. Le ton décalé de l'auteur est un pur délice. Un brin d'ironie, une touche d'humanité, une succession de plans quasi cinématographiques, tout participe a une lecture haletante, le sourire en coin. C'est une court roman, parfois cru, parfois cruel, dans lequel on s'engouffre avec plaisir.

"Une saison en enfance" de Joseph Incardona

Qu'il doit être dur, adolescent, de se retrouver dans un nouveau milieu, une nouvelle école, avec de nouveaux copains qui, parfois, n'en sont pas. La vie d'André, petit rital, avec ses heurts, ses rêves de puissance, est attachante à lire. Il faut apprendre à mentir et à se battre quand "la préoccupation majeure est simplement celle de rester debout". A se venger, aussi. Cette histoire, racontée avec un ton juste, nous rappelle bien sûr des moments de notre propre adolescence. C'est ce qui la rend attachante.

"Requiem pour une ville perdue" de Asli Erdogan

Une forme de requiem. Errance dans la ville et les souvenirs qui affluent, nocturnes, songes. L'enfance, le désir d'écrire, le féminisme, la dérive dans Galata. Avec cette poésie si propre à l'auteure. "A la fin, être seule. Rentrer chez soi, fermer la porte, suspendre sa casquette et son manteau mouillés, laisser dehors les rues venteuses, la boue, le bruyant monde des hommes."

"Les cerfs-volants" de Romain Gary

C'est le dernier roman de Romain Gary, une fresque amoureuse et d'aventures des années trente jusqu'à la fin de la guerre. Le livre m'avale littéralement, la liberté de ton, cet amour d'enfance avec Lila, aristocrate polonaise, les péripéties de Ludo, le personnage central, pendant la guerre, tout concourt au plaisir de lecture. Sans oublier les saillies surprenantes comme ".. cette minceur qui fait un détour respectueux aux hanches et à la poitrine.." ou bien, plus sérieux "je peux encore tout rater, disait Lila, je suis assez jeune pour ça." Et bien sûr, ces cerfs-volants qui sont là, tout au long du roman, vivants symboles de vie et de liberté. R.G. se suicidera quelque après, en 1980.

"Elégie pour un Américain" de Siri Hustvedt

Ou l'on parcours avec Erik, psychiatre, les souvenirs du passé familial, les amitiés d'aujourd'hui, toujours à l'aulne des ressorts et des émotions de l'entourage proche. Les mots et les phrases s'écoulent comme dans un rêve calme, avec une précision empreinte d'empathie. Tout est si justement dit, verbalisé comme cette réflexion sur les intellectuels rongés par cet "inlassable désir de maitrise". Superbe roman dont le titre original est "Sorrow of an american". 400 pages à déguster.

"Disko" de Mo Malo

Tout ou presque, se déroule au Groenland. Accrochez vous, les noms des nombreux personnages sont du cru. Quant à l'intrigue de ce polar, c'est une histoire originale de meurtres glaçants. Beaucoup de tergiversations, de détours pour une résolution épique et brûlante dans un style... scandinave. Voila pour le pitch. Mais bon, "not my cup of tea"

"Le voyage du canapé lit" de Pierre Jourde

Ah quelle histoire que ce canapé qui va de Paris en Auvergne en traversant bien des paysages et des villages. Tout en racontant les péripéties du voyage, P.J. nous raconte les mésaventures du passé. Hilarant souvent, ironique parfois, un grand moment de détente

"Shibumi" de Trevanian

Shibumi est en quelque sorte une attitude, une ligne de vie basée sur la sagesse, à l'image des grands joueurs de Go. On suit avec émoi, parfois avec du suspense le parcours sinueux et dangereux de Nicolas. On apprend aussi que son passé est peuplé d'actions criminelles, pardonnables car défendant des causes louables. On se perd, aussi, parfois dans des aventures spéléologiques au pays Basque, aventures qui cassent un peu l'histoire haletante d'une quasi chasse à l'homme. L'auteur en profite pour glisser plusieurs critiques de la culture américaine, puisque "le fondement même du génie américain est d'acheter et de vendre". Avis mitigé, donc, pour ce roman qui gagnerait en puissance sans ces diversions.