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"Sarah, Suzanne et l'écrivain" de Eric Reinhardt
450 pages dans un labyrinthe de psychologies de personnages. Sarah est une personne réelle (dans le contexte du roman, hein !) et Suzanne une personne inventée par l’auteur dont la vie est calquée sur celle de Sarah. Avec délicatesse et respect, il y a là une description du caractère féminin entier, en proie à une indépendance d’idées, caractère qui conduit à une vie sociale quelque peu perturbée. Suzanne se défait de son attache familiale presque par bravade, frise la dépression.
C’est avec de belles phrases, dans un style toujours riche et personnel, que E.R. déroule cette histoire vertigineuse dans laquelle les caractères de tous les personnages sont abordés avec beaucoup d’empathie. C’est pourquoi on s’attache à Suzanne, à sa vie de femme, à sa vie de mère aussi, et on parcourt ces pages en espérant une issue sereine, voire heureuse. Beau et mystérieux roman.
"Stella" de Joseph Incardona
Profitons de ce dernier roman de Joseph Incardona. Captivant, ébouriffant. L’histoire délirante d’une prostituée qui fait des miracles en faisant l’amour avec des malades et/ou handicapés. Partant, J.I. avec toute la verve dont il est capable, pousse cette histoire à son paroxysme, nous promenant à travers les USA, rencontrant des personnages plus ou moins sympathiques, tout en raillant ostensiblement la Rome catholique. Avec son style habituel dans lequel s’immiscent des interventions de l’auteur à l’attention du lecteur. Il faut aimer ces récits délirants qui se finissent en apothéose. Réjouissante Stella !
"Les détectives sauvages" de Roberto Bolano
Ma tendance Bolaño a venir. Gros pavé quoique...
Ensuite si j'ai encore faim, j'essaierai "2666"
"Un perdant magnifique" de Florence Seyvos
Quatrième de couverture : « C’est l’histoire dune faillite, celle Jacques, bien sûr. Et la fin d’une jeunesse,dont le souvenir reste une blessure ouverte » . Tout est dit. Récit d’une jeune femme, Anna dont le beau-père est ce « perdant magnifique », qui oblige la mère et les enfants à suivre ses idées fantasques, à aménager la maison en dépit du bon sens, créant des dettes. Beau-père trop souvent physiquement absent, mais dont le poids reste présent dans les esprits. Anna et son aînée, Irène, sont proches et complices, tachent à leur manière de résister à l’avalanche de quotidiens périlleux, mentalement, financièrement. C’est donc l’histoire d’un faillite familiale dans laquelle la mère, elle aussi, se débat.
"Blizzard" de Marie Vingtgras
Bien évidemment, l’histoire se déroule en.. Alaska. Et un jeune garçon disparaît dans le blizzard. Sur ce fait, que l’on pourrait qualifier de fait divers, le récit s’oriente vers une étude psychologique des personnages. Tous les habitants de ce « bout du monde » (dixit la 4e de couverture), tour à tour, parlent de leur vies. C’est le point intéressant de cette histoire, qui nous fait découvrir une humanité insoupçonnée derrière une apparence parfois trompeuse.
"Kudos" de Rachel Cusk
Roman anglais qui fait partie de la trilogie « Outline » et «Transit » https://wiki.cmic.be/index.cgi?commentairesLivres2018#TRC. A la suite d’une rencontre fortuite dans un avion, pendant laquelle le personnage principal, autrice, reçoit les confidences de son voisin, on apprend que celle-ci se rend à un congrès d’auteurs dans lequel elle présentera son dernier livre. Une fois arrivés sur place, après quelques déboires pratiques, d’autres conversations on lieu avec des personnages qui s’expriment sur leur vie privée, sur la politique, le brexit, leur enfance. Et quelques remarques sur le comportement des hommes : « [the english man] is the worst, because he is neither a skilled lover nor a sweet child, and because his idea of a woman is something made of plastic, not flesh. ». Et, typique des récits de R.Cusk, tout est écrit avec beaucoup d’humanité, de respect et de simplicité. Le fil des récits parfois difficile à suive, tant par l’absence de fil conducteur que par la diversité des thèmes abordés. Et une trentaine de mots anglais à absorber, cool !
"Tovaangar" de Céline Minard
Parfait me suis-je dit, plus de 600 pages de Céline Minard. En fait accueil mitigé. C.M. se renouvelle sans cesse, que ce soit dans les univers explorés ou dans le style adopté. Dans Tovaangar (?) on assiste a quelque chose comme un récit post-acalyptique, a priori à l’ouest des USA. Tout un nouveau vocabulaire de noms de personnages et de lieux est mis en place pour dérouler le récit de Ama l’auboisière et de son assistante Mianeh la Dronote, qui dérivent dans cette nouvelle nature ou tous les êtres vivants, animaux et végétaux, s’expriment et cohabitent. Pendant 200 pages (et oui, jibé !), on reste dérouté quant à la finalité du récit. C’est à la fois un enchantement de découvertes et une perte de repères. Décontenancé je suis.
Magistral roman, bravo C.M., certes, mais j’aurais aimé, disons, 300 pages de moins. Ah, j’oubliais, in fine, la présence d’un glossaire éclairant et une liste de de remerciements qui l’est tout autant.
"Fantastique Histoire d'Amour" de Sophie Divry
Le tout récent livre de S.D. surprend de plusieurs manières. Tout d’abord cette aventure dans un domaine jusqu’alors un peu inhabituel pour l’auteur, la traque policière/thriller.
On est pris dans ce roman fleuve (J’ai Lu, 600 pages) avec trois histoires qui s’entrechoquent pour notre plaisir : du social, et le mal-être qui va avec, le mystérieux, l’haletant, et enfin l’amour, la rédemption. Il y a quelque chose de direct, d’immédiat, dans le style qui fait que l’on accroche vite à cette histoire de Maïa et Bastien, les deux personnages principaux décrits sous formes de chapitres/tableaux. Et pour les lyonnais, en prime, de réjouissantes incursions, en arrière-plan, dans cette région. Captivant de bout-en-bout. Merci à @libel.z pour son incitation à lire cette histoire.
"Champion" de Maria Pourchet
Dans ce roman de 2025, M.F. nous fait découvrir ses talents d’écrivaine au ton acide, moqueur et sans pitié. Cet adolescent élève use d’un double fictif, le « Champion » pour nous narrer avec humour ses conversations avec un psy. Le ton est donné et l’on rit beaucoup des railleries de Fabien, personnage un peu rebelle, un peu provocateur qui ose. C’est du Pourchet, avec les piques habituelles sur le monde pseudo-bourgeois, les travers de la société, ou encore les pensions cathos. On aime ou pas, mais c’est rafraîchissant, quoique un peu longuet sur la fin.
"Ecarlate" de Christine Pavlowska
Superbe petit récit de Christine Pawlovska qui date de 1974 et qui a été récemment ré-édité. Il s’agit du journal d’une adolescente confrontée à ses parents, à son désir de vivre autrement. Toutes ces pages sont teintées d’une ode à la vie, à l’amitié. On est très vite happé par le style parfois poétique et à l’incandescence des sentiments. J’aurais aimé lire encore quelques centaines de pages de cette pulsion, mais, hélas, l’auteure n’a écrit que ce récit exaltant. A lire lentement, en goûtant chaque mot, chaque émotion.
"La vocation" de Chloe Saffy
Je ne sais pas si ce roman est basé sur le réel ou si il est fictionnel. Qu’à cela ne tienne. C.S. relate ici l’histoire Salomé/Sixtine? qui décide d’être l’esclave d’un couple de maîtres aristocrates. Ce qui est raconté ici dépasse parfois le sens commun, tant le cheminement de Sixtine semble douloureux mais volontairement accepté. L’auteure, C.S., relate cette histoire alors qu’elle n’a jamais rencontré Sixtine, mais décrit son attitude, son parcours, et y entremêle son expérience personnelle dans le BSDM. La question de l’identité du corps et de l’esprit sous-tend tout ce récit. C’est puissant, déroutant, voire dérangeant.
"Dojoji et autres nouvelles" de Yukio Mishima
Quatre courtes nouvelles de Mishima (qui s’est donné la mort par seppuku 1970). Dans chaque nouvelle, les personnages semblent s’affronter, parfois verbalement avec cette espèce de rigidité de caractère très japonaise (c’est du moins ainsi qu’on les voit). Dans « Patriotime », on assiste avec moult détail à un seppuku (aka : hara kiri) d’un lieutenant n’ayant pu faire face à une mutinerie. Troublant. Dans « La perle » des femmes ourdissent des stratagèmes autour de la disparition d’une perle. On y découvre les ressorts cachés de la tromperie, du mensonge, de la trahison.
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