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"Les origine du totalitarisme" de Hannah Arendt



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Ce livre, écrit en 1949, qui est la troisième partie de l’oeuvre de H.A. , « Les origines du totalitarisme », décrit le totalitarisme tel qu’il a été mis au point par l’Allemagne Hitlérienne et par la Russie Stalinienne. Le texte est dense, parsemé d’une grande quantité de notes de bas de page. On retient que le totalitarisme est un système politique qui affecte jusqu’à la vie sociale et privée de l’individu. L’être humain, l’individu, n’existe pas, seule la masse du peuple est à considérer. Toutes les éliminations d’êtres humains, juif (en Allemagne) et ouvrier ou même membres du parti (en Russie) font partie de ce système. Il n’y a qu’un personnage central qui décide de tout ; parfois même de son contraire. La lecture donne quelques frissons. Aucun système actuel n’en n’est arrivé à ce point , heureusement, parce que la « masse » n’est pas socialement/politiquement disponible. Lecture passionnante mais parfois ardue.

Modifié: 57c57,104
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"NY ouvert toute la nuit" de Gabriel Planella



Petit recueil de poésies, bilingue catalan / français, pour s’échapper encore et encore dans cette pulsating and tremendous cité de New York. Le bruit, le vacarme et les odeurs sont présents. Merci Claire pour ce rappel d’une ville si étonnante.
"Western" de Maria Pourchet



Dans un style parfois un peu confus, il s’agit cette fois des personnages qui gravitent dans le milieu du théâtre. Avec mordant toujours, et avec ironie bien sûr. Un grand acteur profite de sa notoriété pour séduire une jeune actrice, puis de la délaisser. Sa fuite hors du champ des spectacles donne lieu a des échanges dans lesquels la violence de notre époque est clairement affichée. Le tout dans une ambiance assumée de « western », ou l’individualisme (des cow-boys?) prime sur l’empathie et l’amour. Pas le meilleur de M.F. à mon avis.
"Benie soir sixtine" de Maylis Adhémar



La jeune sixtine plonge dans le milieu ultra-catho, mais finit par s’en sortir. C‘est assez effrayant de constater la lente emprise de cette famille intégriste (en supposant que ce roman relate un récit vraisemblable). Elle se marie, a un enfant, se rend alors compte que ce n’est pas vraiment ce qu’elle envisage de vivre et s’échappe de ce milieu étouffant. La description de cette atmosphère est faite par touches successives et l’on se sent, comme sixtine, doucement emprisonné. Récit augmenté de prières, de noms de congrégations intégristes cathos, d’interventions de milices, etc. Ce livre a été transposé à l’écran, mais le résultat est, hélas, indigent.
"Quand le diable sortit de la salle de bain" de Sophie Divry



Avec ce quatrième roman qui date de 2015, S.D. nous entraîne dans plusieurs histoires qui s’entrechoquent pour notre plus grand plaisir. La dèche en tant que journaliste/écrivaine au chômage, puis une péripétie avec sa mère, puis encore avec Hector qui cite par le menu ses frasques pseudo porno avec une écriture imagée et hilarante, et enfin, un emploi dans la restauration ou elle tâte du milieu prolo. Avec toujours ce ton incisif, agrémenté cette fois de variation typographique étonnantes. Seul fil conducteur : une critique de cette société foutraque et parfois Kafkaienne du point de vue de l’autrice (auteure?). Et un rien d’autobiographie ?
Ah, j’allais oublier : quelques dernières pages ou S.D. s’exprime sur le pourquoi/comment de ses précédent livres.
"Les Détectives sauvages" de Roberto Bolano



On se perd dans ce livre, on y navigue comme dans une énigme ou foisonnent les pays et les personnages : Mexicain, Brésilien, Chilien, .. Au bout de 875 pages, on finit par comprendre que ces détectives sauvages sont à la recherche d’une poétesse. De l’art de faire durer le plaisir autour de la poésie « réaliste viscérale » avec des variations policières, de l’angoisse et toujours un certain ‘Bolano’, double de l’auteur, vu, entrevu, perdu, puis retrouvé au Libéria en pleine guerre civile_ ce qui me rappelle American Darling de Russel Banks_ . Le ton toujours égal, posé, trop calme parfois lors de situations rocambolesques ou les femmes ne sont pas absentes.
Un personnage, Inaki Echavarne cite « ..comme meurent toutes les choses [..] la plus secrète mémoire des hommes », ce qui a sûrement inspiré M. M. Sarr pour écrire son roman.
"Très Brève histoire de l'enfer" de Jérôme Ferrari



Deuxième opus de la trilogie sur l’altérité, ce roman, probablement basé sur le vécu de J.F., nous emmène à Abu Dhabi. Le personnage principal y côtoie des enseignants français, et une expatriée Srilankaise en tant que « maid ». Dans ce monde ou les expatriés étrangers, Srilankais, Pakistanais, Indiens, sont surtout invités dans l’émirat pour exécuter des métiers subalternes, être professeur c’est être en décalage, tant matériel qu’intellectuel. (voir l’extrait). Ce sont pourtant des tentatives de rapprochement avec cette population que tente de faire, avec beaucoup d’empathie, le personnage principal, mais sans grand succès. D’où le titre de ce roman ou trône le mot enfer, dans cet émirat aux coutumes corsetées.
Ecrit avec ce style si particulier ou se mêlent réflexions personnelles et pensées parfois philosophiques (J.F. est agrégé de philo). Passionnant.
"La lenteur" de Milan Kundera



Le titre est trompeur. Il ne s’agit pas seulement de la lenteur. Ce court roman de 51 chapitres, écrit en 1995 nous fait découvrir une série de contrepoints très Kunderien ou les idées se répercutent d’un chapitre à l’autre tout en s’enrichissant. Bien sûr l’ironie est toujours présente, sous une forme parfois crue.
Sur la lenteur : « La vitesse est la forme d’extase dont la révolution technique a fait cadeau à l’homme. ». Ou encore « Le degré de la lenteur est directement proportionnel à l’intensité de la mémoire ». Au sujet de l’art subtil de la conversation : « ..elle [madame T.] concède au chevalier le baiser qu’il sollicite, mais après avoir imposé à son consentement sa propre interprétation : si elle se laisse embrasser ce n’est que pour ramener l’orgueil du chevalier à sa juste mesure.» Plusieurs chapitres décrivent une réunion d’entomologistes qui se termine par une scène cocasse avec une secrétaire dans une piscine.
Je note aussi cette réflexion particulièrement assez acerbe : « Les gens célèbres sont-ils devenus une institution publique comme les installation sanitaires, comme le sécurité sociale, […]. Mais ils sont utiles seulement à la condition de rester vraiment inaccessibles.»
Tout dans cet excellent roman prête a la fois à sourire et a réfléchir.
"Première amoure" de Emmanuelle Richard



Je découvre Emmanuelle Richard avec ce (le 9ème?) récent roman, suite à une rubrique dans « Lire Magazine ». E.R. est une essayiste et romancière féministe. Ans ce récit, sans doute autobiographique, elle déroule une recherche d’amour tendre et serein, pour une masculin tendre et non masculiniste. Nombre de conversations sur les réseaux sociaux l’amène a rencontreer ce personnage tant désiré.
Ce qui tranche surtout dans ce roman, c’est cette espèce de mise a nu de son désir de rencontre, qui loin d’être lourde, confine à une légèreté, une vérité toute originale. Un style dépouillé de tout artifice, parfois cru, parfois poétique (ce qui me rappelle le blog kinjiki). Un style très sensible, plein de vibrations, parcouru de mots tendres, parfois sensuels, voire érotiques.
Tout au long du récit parfois déconstruit, il y a bien sûr ce vrai discours féministe qui s’inscrit dans la vie du personnage, discours plein de sens.
Nombreuses citations de bas de page sur des musiques ou lectures, citations intelligemment répertoriées en dernière page. Très beau et inspirant texte.
"La légèreté" de Emmanuelle Richard



C’est le deuxième roman de A.R. C’est le récit d’une adolescente à la recherche de son identité, de son rapport aux garçons durant ses vacances à l’île de Ré avec ses parents. Tous les tourments de cet âge sont présents:, tantôt critique avec son corps, « ..les araignées noires sur les jambes », tantôt désireuse d’être aimée, regardée, désirée. Toute cette période est décrite avec beaucoup de finesse dans l’évocation de sentiments parfois ambigus. La fin reste non pas comme un échec pour elle, mais comme une ouverture possible vers la vie. Belle écriture sensuelle et vraie.
"L'heure des prédateurs" de Giuliano Da Empoli =====

"Désintégration" de Emmanuelle Richard =====

"Sarah, Suzanne et l'écrivain" de Eric Reinhardt

450 pages dans un labyrinthe de psychologies de personnages. Sarah est une personne réelle (dans le contexte du roman, hein !) et Suzanne une personne inventée par l’auteur dont la vie est calquée sur celle de Sarah. Avec délicatesse et respect, il y a là une description du caractère féminin entier, en proie à une indépendance d’idées, caractère qui conduit à une vie sociale quelque peu perturbée. Suzanne se défait de son attache familiale presque par bravade, frise la dépression. C’est avec de belles phrases, dans un style toujours riche et personnel, que E.R. déroule cette histoire vertigineuse dans laquelle les caractères de tous les personnages sont abordés avec beaucoup d’empathie. C’est pourquoi on s’attache à Suzanne, à sa vie de femme, à sa vie de mère aussi, et on parcourt ces pages en espérant une issue sereine, voire heureuse. Beau et mystérieux roman.

"Stella" de Joseph Incardona

Profitons de ce dernier roman de Joseph Incardona. Captivant, ébouriffant. L’histoire délirante d’une prostituée qui fait des miracles en faisant l’amour avec des malades et/ou handicapés. Partant, J.I. avec toute la verve dont il est capable, pousse cette histoire à son paroxysme, nous promenant à travers les USA, rencontrant des personnages plus ou moins sympathiques, tout en raillant ostensiblement la Rome catholique. Avec son style habituel dans lequel s’immiscent des interventions de l’auteur à l’attention du lecteur. Il faut aimer ces récits délirants qui se finissent en apothéose. Réjouissante Stella !

"Les détectives sauvages" de Roberto Bolano

Ma tendance Bolaño a venir. Gros pavé quoique... Ensuite si j'ai encore faim, j'essaierai "2666"

"Un perdant magnifique" de Florence Seyvos

Quatrième de couverture : « C’est l’histoire dune faillite, celle Jacques, bien sûr. Et la fin d’une jeunesse,dont le souvenir reste une blessure ouverte » . Tout est dit. Récit d’une jeune femme, Anna dont le beau-père est ce « perdant magnifique », qui oblige la mère et les enfants à suivre ses idées fantasques, à aménager la maison en dépit du bon sens, créant des dettes. Beau-père trop souvent physiquement absent, mais dont le poids reste présent dans les esprits. Anna et son aînée, Irène, sont proches et complices, tachent à leur manière de résister à l’avalanche de quotidiens périlleux, mentalement, financièrement. C’est donc l’histoire d’un faillite familiale dans laquelle la mère, elle aussi, se débat.

"Blizzard" de Marie Vingtgras

Bien évidemment, l’histoire se déroule en.. Alaska. Et un jeune garçon disparaît dans le blizzard. Sur ce fait, que l’on pourrait qualifier de fait divers, le récit s’oriente vers une étude psychologique des personnages. Tous les habitants de ce « bout du monde » (dixit la 4e de couverture), tour à tour, parlent de leur vies. C’est le point intéressant de cette histoire, qui nous fait découvrir une humanité insoupçonnée derrière une apparence parfois trompeuse.

"Kudos" de Rachel Cusk

Roman anglais qui fait partie de la trilogie « Outline » et «Transit » https://wiki.cmic.be/index.cgi?commentairesLivres2018#TRC. A la suite d’une rencontre fortuite dans un avion, pendant laquelle le personnage principal, autrice, reçoit les confidences de son voisin, on apprend que celle-ci se rend à un congrès d’auteurs dans lequel elle présentera son dernier livre. Une fois arrivés sur place, après quelques déboires pratiques, d’autres conversations on lieu avec des personnages qui s’expriment sur leur vie privée, sur la politique, le brexit, leur enfance. Et quelques remarques sur le comportement des hommes : « [the english man] is the worst, because he is neither a skilled lover nor a sweet child, and because his idea of a woman is something made of plastic, not flesh. ». Et, typique des récits de R.Cusk, tout est écrit avec beaucoup d’humanité, de respect et de simplicité. Le fil des récits parfois difficile à suive, tant par l’absence de fil conducteur que par la diversité des thèmes abordés. Et une trentaine de mots anglais à absorber, cool !

"Tovaangar" de Céline Minard

Parfait me suis-je dit, plus de 600 pages de Céline Minard. En fait accueil mitigé. C.M. se renouvelle sans cesse, que ce soit dans les univers explorés ou dans le style adopté. Dans Tovaangar (?) on assiste a quelque chose comme un récit post-acalyptique, a priori à l’ouest des USA. Tout un nouveau vocabulaire de noms de personnages et de lieux est mis en place pour dérouler le récit de Ama l’auboisière et de son assistante Mianeh la Dronote, qui dérivent dans cette nouvelle nature ou tous les êtres vivants, animaux et végétaux, s’expriment et cohabitent. Pendant 200 pages (et oui, jibé !), on reste dérouté quant à la finalité du récit. C’est à la fois un enchantement de découvertes et une perte de repères. Décontenancé je suis. Magistral roman, bravo C.M., certes, mais j’aurais aimé, disons, 300 pages de moins. Ah, j’oubliais, in fine, la présence d’un glossaire éclairant et une liste de de remerciements qui l’est tout autant.

"Fantastique Histoire d'Amour" de Sophie Divry

Le tout récent livre de S.D. surprend de plusieurs manières. Tout d’abord cette aventure dans un domaine jusqu’alors un peu inhabituel pour l’auteur, la traque policière/thriller. On est pris dans ce roman fleuve (J’ai Lu, 600 pages) avec trois histoires qui s’entrechoquent pour notre plaisir : du social, et le mal-être qui va avec, le mystérieux, l’haletant, et enfin l’amour, la rédemption. Il y a quelque chose de direct, d’immédiat, dans le style qui fait que l’on accroche vite à cette histoire de Maïa et Bastien, les deux personnages principaux décrits sous formes de chapitres/tableaux. Et pour les lyonnais, en prime, de réjouissantes incursions, en arrière-plan, dans cette région. Captivant de bout-en-bout. Merci à @libel.z pour son incitation à lire cette histoire.

"Champion" de Maria Pourchet

Dans ce roman de 2025, M.F. nous fait découvrir ses talents d’écrivaine au ton acide, moqueur et sans pitié. Cet adolescent élève use d’un double fictif, le « Champion » pour nous narrer avec humour ses conversations avec un psy. Le ton est donné et l’on rit beaucoup des railleries de Fabien, personnage un peu rebelle, un peu provocateur qui ose. C’est du Pourchet, avec les piques habituelles sur le monde pseudo-bourgeois, les travers de la société, ou encore les pensions cathos. On aime ou pas, mais c’est rafraîchissant, quoique un peu longuet sur la fin.

"Ecarlate" de Christine Pavlowska

Superbe petit récit de Christine Pawlovska qui date de 1974 et qui a été récemment ré-édité. Il s’agit du journal d’une adolescente confrontée à ses parents, à son désir de vivre autrement. Toutes ces pages sont teintées d’une ode à la vie, à l’amitié. On est très vite happé par le style parfois poétique et à l’incandescence des sentiments. J’aurais aimé lire encore quelques centaines de pages de cette pulsion, mais, hélas, l’auteure n’a écrit que ce récit exaltant. A lire lentement, en goûtant chaque mot, chaque émotion.

"La vocation" de Chloe Saffy

Je ne sais pas si ce roman est basé sur le réel ou si il est fictionnel. Qu’à cela ne tienne. C.S. relate ici l’histoire Salomé/Sixtine? qui décide d’être l’esclave d’un couple de maîtres aristocrates. Ce qui est raconté ici dépasse parfois le sens commun, tant le cheminement de Sixtine semble douloureux mais volontairement accepté. L’auteure, C.S., relate cette histoire alors qu’elle n’a jamais rencontré Sixtine, mais décrit son attitude, son parcours, et y entremêle son expérience personnelle dans le BSDM. La question de l’identité du corps et de l’esprit sous-tend tout ce récit. C’est puissant, déroutant, voire dérangeant.

"Dojoji et autres nouvelles" de Yukio Mishima

Quatre courtes nouvelles de Mishima (qui s’est donné la mort par seppuku 1970). Dans chaque nouvelle, les personnages semblent s’affronter, parfois verbalement avec cette espèce de rigidité de caractère très japonaise (c’est du moins ainsi qu’on les voit). Dans « Patriotime », on assiste avec moult détail à un seppuku (aka : hara kiri) d’un lieutenant n’ayant pu faire face à une mutinerie. Troublant. Dans « La perle » des femmes ourdissent des stratagèmes autour de la disparition d’une perle. On y découvre les ressorts cachés de la tromperie, du mensonge, de la trahison.

"Les origine du totalitarisme" de Hannah Arendt

Ce livre, écrit en 1949, qui est la troisième partie de l’oeuvre de H.A. , « Les origines du totalitarisme », décrit le totalitarisme tel qu’il a été mis au point par l’Allemagne Hitlérienne et par la Russie Stalinienne. Le texte est dense, parsemé d’une grande quantité de notes de bas de page. On retient que le totalitarisme est un système politique qui affecte jusqu’à la vie sociale et privée de l’individu. L’être humain, l’individu, n’existe pas, seule la masse du peuple est à considérer. Toutes les éliminations d’êtres humains, juif (en Allemagne) et ouvrier ou même membres du parti (en Russie) font partie de ce système. Il n’y a qu’un personnage central qui décide de tout ; parfois même de son contraire. La lecture donne quelques frissons. Aucun système actuel n’en n’est arrivé à ce point , heureusement, parce que la « masse » n’est pas socialement/politiquement disponible. Lecture passionnante mais parfois ardue.

"NY ouvert toute la nuit" de Gabriel Planella

Petit recueil de poésies, bilingue catalan / français, pour s’échapper encore et encore dans cette pulsating and tremendous cité de New York. Le bruit, le vacarme et les odeurs sont présents. Merci Claire pour ce rappel d’une ville si étonnante.

"Western" de Maria Pourchet

Dans un style parfois un peu confus, il s’agit cette fois des personnages qui gravitent dans le milieu du théâtre. Avec mordant toujours, et avec ironie bien sûr. Un grand acteur profite de sa notoriété pour séduire une jeune actrice, puis de la délaisser. Sa fuite hors du champ des spectacles donne lieu a des échanges dans lesquels la violence de notre époque est clairement affichée. Le tout dans une ambiance assumée de « western », ou l’individualisme (des cow-boys?) prime sur l’empathie et l’amour. Pas le meilleur de M.F. à mon avis.

"Benie soir sixtine" de Maylis Adhémar

La jeune sixtine plonge dans le milieu ultra-catho, mais finit par s’en sortir. C‘est assez effrayant de constater la lente emprise de cette famille intégriste (en supposant que ce roman relate un récit vraisemblable). Elle se marie, a un enfant, se rend alors compte que ce n’est pas vraiment ce qu’elle envisage de vivre et s’échappe de ce milieu étouffant. La description de cette atmosphère est faite par touches successives et l’on se sent, comme sixtine, doucement emprisonné. Récit augmenté de prières, de noms de congrégations intégristes cathos, d’interventions de milices, etc. Ce livre a été transposé à l’écran, mais le résultat est, hélas, indigent.

"Quand le diable sortit de la salle de bain" de Sophie Divry

Avec ce quatrième roman qui date de 2015, S.D. nous entraîne dans plusieurs histoires qui s’entrechoquent pour notre plus grand plaisir. La dèche en tant que journaliste/écrivaine au chômage, puis une péripétie avec sa mère, puis encore avec Hector qui cite par le menu ses frasques pseudo porno avec une écriture imagée et hilarante, et enfin, un emploi dans la restauration ou elle tâte du milieu prolo. Avec toujours ce ton incisif, agrémenté cette fois de variation typographique étonnantes. Seul fil conducteur : une critique de cette société foutraque et parfois Kafkaienne du point de vue de l’autrice (auteure?). Et un rien d’autobiographie ? Ah, j’allais oublier : quelques dernières pages ou S.D. s’exprime sur le pourquoi/comment de ses précédent livres.

"Les Détectives sauvages" de Roberto Bolano

On se perd dans ce livre, on y navigue comme dans une énigme ou foisonnent les pays et les personnages : Mexicain, Brésilien, Chilien, .. Au bout de 875 pages, on finit par comprendre que ces détectives sauvages sont à la recherche d’une poétesse. De l’art de faire durer le plaisir autour de la poésie « réaliste viscérale » avec des variations policières, de l’angoisse et toujours un certain ‘Bolano’, double de l’auteur, vu, entrevu, perdu, puis retrouvé au Libéria en pleine guerre civile_ ce qui me rappelle American Darling de Russel Banks_ . Le ton toujours égal, posé, trop calme parfois lors de situations rocambolesques ou les femmes ne sont pas absentes. Un personnage, Inaki Echavarne cite « ..comme meurent toutes les choses [..] la plus secrète mémoire des hommes », ce qui a sûrement inspiré M. M. Sarr pour écrire son roman.

"Très Brève histoire de l'enfer" de Jérôme Ferrari

Deuxième opus de la trilogie sur l’altérité, ce roman, probablement basé sur le vécu de J.F., nous emmène à Abu Dhabi. Le personnage principal y côtoie des enseignants français, et une expatriée Srilankaise en tant que « maid ». Dans ce monde ou les expatriés étrangers, Srilankais, Pakistanais, Indiens, sont surtout invités dans l’émirat pour exécuter des métiers subalternes, être professeur c’est être en décalage, tant matériel qu’intellectuel. (voir l’extrait). Ce sont pourtant des tentatives de rapprochement avec cette population que tente de faire, avec beaucoup d’empathie, le personnage principal, mais sans grand succès. D’où le titre de ce roman ou trône le mot enfer, dans cet émirat aux coutumes corsetées. Ecrit avec ce style si particulier ou se mêlent réflexions personnelles et pensées parfois philosophiques (J.F. est agrégé de philo). Passionnant.

"La lenteur" de Milan Kundera

Le titre est trompeur. Il ne s’agit pas seulement de la lenteur. Ce court roman de 51 chapitres, écrit en 1995 nous fait découvrir une série de contrepoints très Kunderien ou les idées se répercutent d’un chapitre à l’autre tout en s’enrichissant. Bien sûr l’ironie est toujours présente, sous une forme parfois crue. Sur la lenteur : « La vitesse est la forme d’extase dont la révolution technique a fait cadeau à l’homme. ». Ou encore « Le degré de la lenteur est directement proportionnel à l’intensité de la mémoire ». Au sujet de l’art subtil de la conversation : « ..elle [madame T.] concède au chevalier le baiser qu’il sollicite, mais après avoir imposé à son consentement sa propre interprétation : si elle se laisse embrasser ce n’est que pour ramener l’orgueil du chevalier à sa juste mesure.» Plusieurs chapitres décrivent une réunion d’entomologistes qui se termine par une scène cocasse avec une secrétaire dans une piscine. Je note aussi cette réflexion particulièrement assez acerbe : « Les gens célèbres sont-ils devenus une institution publique comme les installation sanitaires, comme le sécurité sociale, […]. Mais ils sont utiles seulement à la condition de rester vraiment inaccessibles.» Tout dans cet excellent roman prête a la fois à sourire et a réfléchir.

"Première amoure" de Emmanuelle Richard

Je découvre Emmanuelle Richard avec ce (le 9ème?) récent roman, suite à une rubrique dans « Lire Magazine ». E.R. est une essayiste et romancière féministe. Ans ce récit, sans doute autobiographique, elle déroule une recherche d’amour tendre et serein, pour une masculin tendre et non masculiniste. Nombre de conversations sur les réseaux sociaux l’amène a rencontreer ce personnage tant désiré. Ce qui tranche surtout dans ce roman, c’est cette espèce de mise a nu de son désir de rencontre, qui loin d’être lourde, confine à une légèreté, une vérité toute originale. Un style dépouillé de tout artifice, parfois cru, parfois poétique (ce qui me rappelle le blog kinjiki). Un style très sensible, plein de vibrations, parcouru de mots tendres, parfois sensuels, voire érotiques. Tout au long du récit parfois déconstruit, il y a bien sûr ce vrai discours féministe qui s’inscrit dans la vie du personnage, discours plein de sens. Nombreuses citations de bas de page sur des musiques ou lectures, citations intelligemment répertoriées en dernière page. Très beau et inspirant texte.

"La légèreté" de Emmanuelle Richard

C’est le deuxième roman de A.R. C’est le récit d’une adolescente à la recherche de son identité, de son rapport aux garçons durant ses vacances à l’île de Ré avec ses parents. Tous les tourments de cet âge sont présents:, tantôt critique avec son corps, « ..les araignées noires sur les jambes », tantôt désireuse d’être aimée, regardée, désirée. Toute cette période est décrite avec beaucoup de finesse dans l’évocation de sentiments parfois ambigus. La fin reste non pas comme un échec pour elle, mais comme une ouverture possible vers la vie. Belle écriture sensuelle et vraie.

"L'heure des prédateurs" de Giuliano Da Empoli

"Désintégration" de Emmanuelle Richard